Quand le corps fatigue mais que la tête tourne encore…
Vous avez beau être épuisé·e, impossible de vous endormir. Ou bien vous vous réveillez en pleine nuit, parfois toujours à la même heure, et votre esprit se remet immédiatement en marche.
Vous repensez à votre journée, anticipez celle du lendemain, rejouez une conversation ou commencez à vous inquiéter de ne pas réussir à vous rendormir. Et plus vous essayez de dormir, moins le sommeil vient.
Les troubles du sommeil ne sont pas toujours liés à une mauvaise hygiène de vie. Les horaires, les écrans, l'activité physique, l'alimentation ou l'environnement de sommeil ont évidemment leur importance, mais ils n'expliquent pas toutes les insomnies.
Chez certaines personnes, l'anxiété, les ruminations, l'hypervigilance ou certaines expériences émotionnelles continuent à maintenir l'organisme en état d'alerte au moment même où il aurait besoin de ralentir.
Un cercle vicieux peut alors progressivement s'installer : fatigue → peur de ne pas dormir → surveillance du sommeil → tension → difficulté à s'endormir → fatigue supplémentaire.
Le lit lui-même peut finir par être associé à l'effort et à l'inquiétude : « Est-ce que je vais dormir cette nuit ? », « Il faut absolument que je dorme », « Si je ne m'endors pas maintenant, demain va être catastrophique ».
Le problème n'est alors plus seulement le sommeil. La peur de ne pas dormir participe elle-même à l'état d'éveil.
EMDR et troubles du sommeil : quand l'anxiété maintient le cerveau en alerte
L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est principalement connue pour son utilisation dans le travail sur les expériences traumatiques. Elle peut également trouver sa place dans certains accompagnements lorsque les difficultés de sommeil sont associées à des expériences émotionnelles, à une anxiété importante ou à un état d'hypervigilance.
Il s'agit d'abord de comprendre ce qui vous empêche de dormir. Chez certaines personnes, le problème apparaît après un événement précis : accident, séparation, deuil, conflit professionnel, agression, période de stress intense ou autre expérience difficile. Chez d'autres, il existe plutôt un état d'alerte persistant : le corps est fatigué mais semble incapable de véritablement relâcher la vigilance.
L'EMDR peut notamment être envisagée lorsque le sommeil est perturbé par :
- des ruminations ou une anxiété importante ;
- des réveils nocturnes accompagnés de peur ou de tension ;
- des souvenirs difficiles ou des images intrusives ;
- des cauchemars associés à certaines expériences ;
- une hypervigilance au moment du coucher ;
- l'anticipation permanente et la charge mentale ;
- une peur de ne pas dormir devenue elle-même source d'anxiété.
Dans ces situations, comprendre intellectuellement que le danger est passé ne suffit pas toujours à permettre au corps de relâcher son état d'alerte.
Comment fonctionne l'EMDR lorsque le sommeil est perturbé ?
En EMDR, vous n'avez pas nécessairement besoin de raconter dans les moindres détails tout ce que vous avez vécu.
Les premières séances servent d'abord à comprendre votre situation : depuis quand votre sommeil est-il perturbé ? Que se passe-t-il lorsque vous vous couchez ? Quelles pensées apparaissent ? Existe-t-il un événement à partir duquel votre sommeil a changé ? Quelles sensations ressentez-vous lorsque vous vous réveillez ?
Nous pouvons ensuite identifier certaines expériences, images, croyances ou sensations qui semblent maintenir votre organisme en tension.
Lorsque cela est indiqué, le travail EMDR utilise des stimulations bilatérales alternées, par exemple sous forme de tapotements, afin de favoriser le retraitement de certaines expériences.
L'objectif est que ce qui appartient au passé puisse progressivement être vécu comme appartenant réellement au passé, avec une diminution de la charge émotionnelle qui lui est associée.
Dans le cas du sommeil, il peut également être utile de travailler sur la peur du sommeil elle-même.
Après plusieurs semaines ou plusieurs mois de mauvaises nuits, certaines personnes développent une véritable appréhension à l'approche du coucher. Le cerveau a appris à associer la nuit à l'insomnie, aux ruminations et à la perte de contrôle.
L'accompagnement peut alors chercher à diminuer cette réaction d'anticipation plutôt qu'à vous demander simplement de « penser à autre chose ».
L'objectif n'est pas de forcer le sommeil, plus nous cherchons à le contrôler, plus il peut parfois nous échapper, mais de retrouver progressivement des conditions émotionnelles et corporelles plus compatibles avec l'endormissement.
Important : rechercher également les autres causes des troubles du sommeil
Des troubles du sommeil persistants peuvent avoir de nombreuses causes et l'EMDR ne remplace pas une évaluation médicale.
Apnée du sommeil, syndrome des jambes sans repos, douleurs, effets de certains médicaments, troubles hormonaux ou autres problèmes de santé peuvent notamment perturber le sommeil.
En cas d'insomnie persistante, de fatigue importante dans la journée, de ronflements marqués ou de tout autre signe préoccupant, il est donc important d'en parler à un médecin.
L'accompagnement intervient en complément lorsqu'une composante émotionnelle ou psychologique participe aux difficultés rencontrées.
Et en complément de l'EMDR ?
L'EMDR n'a pas nécessairement besoin d'être utilisée seule.
Selon votre situation, nous pouvons également intégrer en séance des outils destinés à vous aider à retrouver davantage d'apaisement et d'autonomie entre les rendez-vous :
- des exercices respiratoires et techniques de régulation ;
- des ancrages corporels permettant de ramener l'attention vers les sensations présentes ;
- des visualisations ou exercices de relaxation adaptés au sommeil ;
- un travail sur les pensées et comportements qui entretiennent la peur de ne pas dormir ;
- des exercices simples à réutiliser lorsque l'activité mentale augmente le soir.
Il est également important de regarder le sommeil dans son ensemble. Le mouvement, l'exposition à la lumière, les rythmes de vie, l'alimentation, les habitudes du soir ou encore la gestion du stress peuvent participer à sa qualité.
L'objectif est donc moins de chercher « la technique qui va me faire dormir » que de comprendre ce qui maintient aujourd'hui votre organisme en état d'éveil.
Peut-on retrouver un sommeil plus réparateur ?
Lorsque les difficultés de sommeil sont entretenues par l'anxiété, certaines expériences émotionnelles ou un état d'alerte persistant, travailler uniquement sur les habitudes du coucher ne répond pas toujours à l'ensemble du problème.
L'accompagnement permet alors d'aller regarder ce qui se passe derrière cela :
Pourquoi mon cerveau reste-t-il autant en vigilance ? Qu'est-ce qui se déclenche lorsque je me réveille ? Pourquoi ai-je besoin de tout anticiper ? Depuis quand mon corps semble-t-il avoir du mal à réellement relâcher ?
L'objectif n'est pas de vous promettre des nuits parfaites après une séance, mais de comprendre les mécanismes qui entretiennent vos difficultés et de travailler progressivement sur ceux qui peuvent évoluer.
Si vos troubles du sommeil semblent fortement liés au stress, aux ruminations, à l'anxiété ou à certaines expériences passées, je peux vous accompagner en EMDR, où que vous soyez, en visio ou en cabinet à Paris 1er.


