Quand l’épuisement dépasse la fatigue
Vous vous sentez à bout, vidé·e. Même après une nuit de sommeil, vous vous réveillez encore plus fatigué·e. Vous n’arrivez plus à vous concentrer, à prendre du recul. Les journées au travail sont une lutte permanente. Vous n’avez plus l’élan, plus l’énergie.
Ce que vous vivez ne relève pas simplement d’un “manque de motivation” ou d’un “coup de mou” : ce sont peut-être les signes d’un épuisement professionnel, ou burn-out.
Le burn-out, c’est ce moment où le corps et le mental saturent, après des mois, voire des années, à tenir bon, encaisser, s’adapter, performer.
Ce qui peut se rejouer derrière l'épuisement professionnel
burn-out ne se résume pas toujours à une quantité de travail trop importante. Deux personnes exposées au même environnement professionnel ne réagiront d'ailleurs pas nécessairement de la même manière.
Derrière l'effondrement apparent, certains mécanismes peuvent avoir contribué à maintenir la personne trop longtemps dans une situation devenue difficile :
- l'envie de « bien faire à tout prix » ;
- la peur de décevoir ou de ne pas être à la hauteur ;
- le sentiment d'être seul·e à porter les responsabilités ;
- la difficulté à déléguer ou à demander de l'aide ;
- l'incapacité à dire non ou à poser ses limites ;
- le besoin de continuer à tenir, même lorsque le corps commence à envoyer des signaux d'alerte.
Certaines personnes réalisent ainsi après coup qu'elles avaient identifié leur fatigue depuis longtemps, mais qu'elles continuaient malgré tout à avancer : « encore cette semaine », « après ce projet », « quand l'équipe sera complète »...
À cela peuvent s'ajouter des expériences professionnelles particulièrement difficiles : relations hiérarchiques délétères, surcharge chronique, conflits, humiliations, perte de sens, manque de reconnaissance ou sentiment d'impuissance.
Même lorsque la situation professionnelle a changé ou que la personne est en arrêt, certaines expériences peuvent continuer à provoquer une réaction émotionnelle importante. Un simple courriel professionnel, le nom d'un ancien responsable ou l'idée de retourner au travail peuvent parfois réactiver de l'anxiété, des tensions physiques ou des ruminations.
C'est notamment sur cette dimension émotionnelle que l'EMDR peut avoir une place dans l'accompagnement.
EMDR et burn-out, une thérapie pour retrouver de l’air ?
L’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une approche thérapeutique principalement connue pour son utilisation dans la prise en charge des expériences traumatiques. Dans le cadre d'un épuisement professionnel, son intérêt n'est pas de régler le burn-out en quelques séances, mais de travailler, lorsque cela est pertinent, sur certaines expériences qui restent émotionnellement très actives.
Il peut s'agir, par exemple :
- d'une humiliation vécue en réunion ;
- d'une pression constante ou de remarques dévalorisantes ;
- d'une crise d'angoisse survenue dans un contexte de surcharge ;
- d'un conflit professionnel qui continue à susciter colère ou anxiété ;
- d'un événement associé au moment où « tout a basculé » ;
- ou encore de la peur de retourner au travail et de revivre la même situation.
Une expérience passée peut être terminée dans les faits tout en continuant à provoquer une réaction très présente.
Vous savez, par exemple, que vous n'êtes plus devant ce responsable qui vous intimidait. Pourtant, lorsque vous repensez à certaines scènes, votre corps se tend immédiatement et les mêmes émotions réapparaissent.
Le travail en EMDR vise alors à favoriser le retraitement de ces expériences afin qu'elles deviennent progressivement moins envahissantes dans le présent.
L'objectif n'est pas d'oublier ce qui s'est passé ni de considérer comme acceptable une situation qui ne l'était pas. Il s'agit plutôt de pouvoir y repenser sans que la même intensité émotionnelle continue à se déclencher automatiquement.
Comment se passe un accompagnement EMDR après un burn-out?
Les premières séances permettent d'abord de comprendre votre situation et de déterminer si l'EMDR est adapté à ce que vous traversez.
Nous pouvons notamment :
- revenir sur le contexte professionnel actuel et passé ;
- identifier les événements qui ont marqué une rupture ou une aggravation de l'épuisement ;
- repérer les situations qui déclenchent encore aujourd'hui une réaction émotionnelle ou corporelle ;
- clarifier vos besoins et l'objectif de l'accompagnement ;
- identifier également vos ressources et ce qui vous aide déjà à retrouver davantage de stabilité.
Cette première étape est importante. Lorsqu'une personne est encore très épuisée, la priorité n'est pas nécessairement de travailler immédiatement sur les expériences les plus difficiles. Il peut d'abord être nécessaire de retrouver davantage de stabilité et de ressources.
Lorsque le travail EMDR peut commencer, certaines expériences ciblées sont retraitées à l'aide de stimulations bilatérales, par exemple des tapotements alternés ou d'autres formes de stimulation.
Le travail se fait progressivement et en respectant votre rythme. Il ne s'agit pas de raconter encore et encore dans les moindres détails tout ce qui s'est passé, mais de travailler sur ce qui reste actif aujourd'hui : images, émotions, sensations corporelles et croyances associées à certaines expériences.
Ce que l'accompagnement peut aider à changer concrètement
Sortir d'un burn-out ne signifie pas simplement réussir à retourner travailler.
L'enjeu est également de comprendre ce qui s'est passé et, autant que possible, de ne pas reconstruire exactement les mêmes conditions quelques mois plus tard.
Selon votre situation et les objectifs définis ensemble, l'accompagnement peut notamment contribuer à :
- diminuer l'intensité émotionnelle associée à certaines expériences professionnelles ;
- réduire certaines ruminations liées à ce qui s'est passé ;
- retrouver progressivement davantage de sécurité face au monde professionnel ;
- mieux identifier les signaux d'alerte et vos propres limites ;
- travailler sur la culpabilité qui peut apparaître lorsque vous dites non ;
- retrouver davantage de confiance dans vos décisions ;
- vous reconnecter à vos besoins, vos ressources et ce qui fait sens pour vous.
Le sommeil, les ruminations ou l'hypervigilance peuvent également évoluer au cours de la récupération, mais ils dépendent de nombreux facteurs : il serait donc réducteur de présenter l'EMDR comme une solution directe à chacun de ces signaux.
Et parfois, le travail conduit à une autre question : ai-je envie de retrouver ma vie professionnelle d'avant, ou ai-je besoin de construire quelque chose de différent ?
Il ne s'agit pas nécessairement de changer de métier. Il peut s'agir de modifier son rapport au travail, de poser davantage de limites, de changer d'environnement ou simplement de ne plus considérer que « tenir coûte que coûte » est la seule option possible.
🚨 Important : l'EMDR ne remplace pas une prise en charge médicale
En cas de burn-out ou d'épuisement professionnel important, l'EMDR ne remplace pas un suivi médical.
Si vous êtes extrêmement fatigué·e, que votre sommeil est très perturbé, que vous ne parvenez plus à travailler ou que votre état physique ou psychique se dégrade, il est important de consulter un médecin. Celui-ci pourra évaluer votre état, rechercher d'autres causes éventuelles et déterminer les mesures nécessaires, notamment concernant le travail.
L'accompagnement en EMDR peut ensuite trouver sa place dans une prise en charge plus globale.
Vous n'avez pas besoin d'attendre de vous être complètement effondré·e pour commencer à vous interroger sur ce que vous traversez.
Si vous avez le sentiment de fonctionner depuis plusieurs semaines ou plusieurs mois en « mode survie », que certaines expériences professionnelles continuent à vous affecter ou que vous redoutez de reproduire les mêmes mécanismes, nous pouvons commencer par faire le point ensemble.
Je vous accompagne en visio et en cabinet à Paris 1er, avec bienveillance et sans jugement.


